Au 21e congrès de l’ESCP (Prague, 23-25 septembre 2026), le français GRECCAR 17, premier essai randomisé centré sur la qualité de vie pour la stomie de protection après TME, a été l’un des temps forts. L’ADN tumoral circulant confirme de son côté sa puissance pronostique.
GRECCAR 17 : une stomie seulement si le risque le justifie ?
Présenté par Quentin Denost au nom du groupe GRECCAR, l’essai a randomisé 210 patients (mars 2022-mai 2024 ; 172 en analyse mITT) entre une stratégie « à la carte » (bras A, n = 84) et l’iléostomie systématique (bras B, n = 88) après TME avec anastomose basse. Dans le bras A, les patients à bas risque (score AFORS 0-1, n = 48) n’avaient pas de stomie ; les patients à risque plus élevé (AFORS 2-6, n = 36) avaient une stomie, fermée précocement (J8-J12) si les conditions étaient réunies. Au total, 46 % des patients du bras A ont eu une iléostomie, contre 100 % dans le bras B.
Critère principal : la qualité de vie globale (EORTC QLQ-C30) sur 12 mois. En analyse principale (politique de traitement), la différence est de +2,35 points en faveur du bras A, non significative [-1,8 ; 6,5]. Elle devient significative (+4,47 [0,4 ; 8,5]) quand la stratégie est appliquée comme prévu, après neutralisation de 9 déviations de protocole.
![Forest plot GRECCAR 17 : +2,35 [-1,8 ; 6,5] et +4,47 [0,4 ; 8,5].](https://www.sfchirurgiedigestive.fr/wp-content/uploads/2026/10/fig6_GRECCAR17_QdV.png)
Le revers de la médaille est net : davantage de fistules dans le bras A (25,0 % vs 6,8 % à M1), et des fistules graves en l’absence de stomie (91 % de Clavien-Dindo 3-4 dans le sous-groupe sans stomie). Les 9 patients à bas risque réopérés pour une stomie secondaire (9/45) ont perdu en moyenne 18 points de qualité de vie, sans rattrapage à 1 an. À l’inverse, la fermeture précoce chez les patients à risque s’est révélée sûre (2 fistules sur 19, de grade 1-2).


ctDNA : le marqueur pronostique le plus puissant après chirurgie
L’étude suédoise CITCCA (Cecilia Merk, Karolinska ; 398 cancers colorectaux de stade I-III, test « tumor-informed ») montre une survie sans récidive à 3 ans de 29 % en cas de ctDNA positif 4 à 6 semaines après la chirurgie, contre 91 % s’il est négatif (HR 11,9). Après la fin du traitement, l’écart se creuse (21 % vs 91 %, HR 17,1) ; il est du même ordre dans le cancer du rectum (35 % vs 89 %). Chez les patients ctDNA positifs, la chimiothérapie adjuvante est associée à une meilleure survie sans récidive à 2 ans (61 % vs 42 %).

En bref
Vac-stent pour fistule anastomotique. Première expérience d’Amsterdam UMC (18 patients, 2023-2026) : succès dans 8 fistules sur 16 et 2 perforations sur 2, intégrité anastomotique de 88 % et survie sans stomie de 89 % à 18 mois.
Fistule anale haute. L’essai indien FILIP (146 patients) ne montre pas de différence significative de cicatrisation entre fistulotomie avec reconstruction sphinctérienne et LIFT (83,6 % vs 74,0 %, p = 0,22), sans incontinence dans les deux bras.
À retenir
- GRECCAR 17 : la stomie « à la carte » n’améliore pas significativement la qualité de vie en analyse principale ; le bénéfice apparaît quand la stratégie est respectée.
- Omettre la stomie chez le patient à bas risque réussit 8 fois sur 10, mais l’échec coûte cher. La fermeture précoce est une option sûre chez le patient à risque.
- Un ctDNA positif après chirurgie prédit une récidive dans plus de deux cas sur trois.
Données présentées oralement au 21e congrès de l’ESCP (Prague, 23-25 septembre 2026), relevées sur les diapositives des orateurs. Ces résultats sont préliminaires tant qu’ils ne sont pas publiés. Programme : ESCP 2026.
Sources : Q. Denost et al. (GRECCAR 17), C. Merk (CITCCA), Z. Weerts, P. Kumar (FILIP) – ESCP 2026, Prague.
