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Retour ESCP 2026 : le cancer du rectum

Au 21e congrès de l’ESCP (Prague, 23-25 septembre 2026), registres nationaux et essai OPAXX ont montré que la préservation d’organe tient ses promesses hors essais, à condition d’en accepter le prix fonctionnel et la surveillance.

OnCoRe : 667 patients en « watch & wait » au Royaume-Uni

La base nationale OnCoRe (49 centres, 2003-2025) a été présentée par Andrew Renehan. Elle décrit quatre voies de préservation après réponse clinique complète : radiochimiothérapie longue (n = 378), contacthérapie de type Papillon (n = 151), radiothérapie courte seule (n = 58) et traitement néoadjuvant total (TNT, n = 80). La repousse locale atteint 39 % après RCT, 35 % après TNT, 25 % après radiothérapie courte et 11 % après Papillon. Surtout, la chirurgie de rattrapage reste possible dans 75 à 90 % des cas, avec un taux de R0 de 92 à 100 % sauf après TNT (71 %, sur seulement 7 patients).

Histogramme OnCoRe : repousse, rattrapage et R0 selon la voie de préservation.
Figure 1 – OnCoRe : repousse locale, chirurgie de rattrapage et R0 selon le traitement préalable. Étude descriptive, les groupes ne sont pas comparables.

OPAXX : deux tiers de préservation à 1 an, mais une fonction dégradée

Chez les patients en réponse quasi complète ou porteurs d’un petit résidu après (chimio)radiothérapie, l’essai néerlandais OPAXX (présenté par Charlotte Ceuppens ; auteur au programme : B. Grotenhuis) compare contacthérapie (n = 48) et attente prolongée ± exérèse locale (n = 116). La préservation d’organe à 1 an est de 67 % et 66 %, la repousse de 17 % et 16 %, avec un rattrapage curatif possible chez presque tous. Mais un syndrome de résection antérieure majeur (LARS) persiste chez 43 % et 50 % des patients à 12 mois.

OPAXX : préservation 67 vs 66 %, repousse 17 vs 16 %, TME 38 vs 32 %, LARS majeur 43 vs 50 %.
Figure 2 – OPAXX : préservation d’organe, repousse, recours à la TME et fonction selon le bras.

pT2 après exérèse locale : le coût de l’abstention

Le registre néerlandais (Suzanne de Vries, Radboud) a suivi 588 pT2 découverts après exérèse locale (2009-2021). La récidive locale à 5 ans est de 17,7 % après exérèse locale seule, 7,2 % avec (chimio)radiothérapie adjuvante et 1,1 % après TME de complétion (p < 0,001), sans différence sur les métastases à distance. La survie plus basse après exérèse seule (66 %) reflète surtout des patients plus âgés et fragiles (30 % de plus de 80 ans).

Histogramme pT2 : récidive locale 17,7, 7,2 et 1,1 % ; métastases 5,4, 9,3 et 5,7 % ; survie 66,3, 75,2 et 91,7 %.
Figure 3 – pT2 après exérèse locale : résultats à 5 ans selon la stratégie complémentaire.

Radiothérapie courte pour les tumeurs intermédiaires ?

La cohorte internationale EUREKA (stades II-III non localement avancés, 290 RT courte + TME vs 295 TME d’emblée, pondération IPTW) ne trouve pas de bénéfice significatif sur la récidive locale (HR 0,44, p = 0,075) ni sur la survie, au prix de davantage de stomies de protection (63 % vs 44 %).

EUREKA : HR récidive locale 0,44, survie sans maladie 1,21, survie globale 1,28 ; stomies 63,2 vs 43,7 %.
Figure 4 – EUREKA : radiothérapie courte + TME vs TME d’emblée.

À retenir

  • En vie réelle, un patient sur trois à un sur quatre repousse après « watch & wait », mais le rattrapage reste possible dans la grande majorité des cas.
  • Préserver le rectum ne garantit pas une bonne fonction : la moitié des patients d’OPAXX ont un LARS majeur à 1 an.
  • Un pT2 laissé en place après exérèse locale récidive localement dans près d’un cas sur cinq.

Données présentées oralement au 21e congrès de l’ESCP (Prague, 23-25 septembre 2026), relevées sur les diapositives des orateurs. Ces résultats sont préliminaires tant qu’ils ne sont pas publiés. Programme : ESCP 2026.

Sources : A.G. Renehan (OnCoRe), C. Ceuppens et B. Grotenhuis (OPAXX), S. de Vries, J. Wentink (EUREKA) – ESCP 2026, Prague.