À retenir
| – Les recommandations EAES-SAGES suggèrent, sous réserve de preuves de faible certitude, de ne pas prescrire d’antibiotiques de routine dans la diverticulite non compliquée et de proposer une résection élective après une première diverticulite avec abcès (article 1). – Dans l’essai français NEONIPIGA, la survie globale à 4 ans atteint 84,1 % après immunothérapie néoadjuvante d’un cancer gastrique ou de la jonction dMMR, sans comparateur (article 2). – Un ctDNA postopératoire négatif ne suffit pas, d’après une méta-analyse sur données reconstruites, à justifier une désescalade du traitement adjuvant du cancer colorectal (article 3). |
Sélection de la semaine
URGENCES / COLORECTAL
1. EAES-SAGES clinical practice guideline update: multi-society recommendations on key controversies in the management of diverticular disease.
Huo et al. — Surg Endosc, 2026. PMID 42875633
Type d’étude : Recommandations de pratique clinique multi-sociétés (méthode GRADE), fondées sur une revue systématique de 27 études ; panel international multidisciplinaire incluant des patients partenaires
Question : Quelle prise en charge suggérer pour la maladie diverticulaire symptomatique non compliquée, la diverticulite non compliquée et la diverticulite compliquée ?
Résultat principal : Cinq recommandations conditionnelles : rifaximine ou mésalazine plutôt que soins de support en cas de maladie diverticulaire symptomatique non compliquée ; pas d’antibiotiques systématiques en diverticulite non compliquée ; résection élective plutôt qu’observation si symptômes persistants après diverticulites récurrentes ; pas de coloscopie de suivi systématique après un premier épisode ; résection élective plutôt que surveillance après un premier épisode avec abcès.
Limite principale : Certitude des preuves très faible à modérée, avec absence de données sur les complications majeures à 30 jours, la chirurgie urgente, la survie sans stomie et la qualité de vie à 1 an.
En pratique : Ces recommandations conditionnelles pourraient nourrir une décision partagée avec le patient, en tenant compte de ses préférences.
ŒSOGASTRIQUE / ONCOLOGIE
2. Nivolumab-Ipilimumab for Localized Microsatellite Instability-High Gastric/Gastroesophageal Junction Adenocarcinoma: The Phase 2 NEONIPIGA Nonrandomized Clinical Trial.
Samaille et al. — JAMA Oncol, 2026. PMID 42879140
Type d’étude : Essai de phase 2 non randomisé, multicentrique français (GERCOR), à bras unique — 32 patients, mise à jour à long terme
Question : Quelle est la survie à long terme après nivolumab et ipilimumab néoadjuvants dans l’adénocarcinome gastrique ou de la jonction œsogastrique localisé dMMR/MSI-H ?
Résultat principal : Suivi médian de 48,3 mois. Survie globale à 4 ans de 84,1 % (IC 95 % 65,8–93,0) en intention de traiter ; survie sans événement à 4 ans de 83,5 % (64,8–92,8) chez les 31 patients opérables. Réponse complète histologique chez 17 patients sur 29 (59 %) ; les 3 patients non opérés étaient en réponse clinique complète. Événements de grade 3/4 : 19 % en néoadjuvant, 17 % en adjuvant.
Limite principale : Bras unique de 32 patients : pas d’amélioration de survie démontrée par rapport aux résultats de la chirurgie seule dans cette population.
En pratique : Ces données pourraient justifier des essais randomisés évaluant des stratégies de préservation d’organe dans cette population.
COLORECTAL / ONCOLOGIE
3. Adjuvant treatment intensity in circulating tumour DNA-negative colorectal cancer: a systematic review and reconstructed individual patient data meta-analysis.
Yajima et al. — Clin Transl Oncol, 2026. PMID 42891887
Type d’étude : Revue systématique et méta-analyse sur données individuelles reconstruites — 13 études, 9 552 patients (4 236 patients avec cancer colorectal et ADN tumoral circulant, ctDNA, négatif)
Question : Un ctDNA négatif après chirurgie curative permet-il de réduire l’intensité du traitement adjuvant ?
Résultat principal : Traitement plus intense associé à un meilleur résultat pour chimiothérapie versus surveillance (registre non randomisé GALAXY : HR 0,72 ; IC 95 % 0,52–0,99) et 6 versus 3 mois (IDEA-France : HR 0,75 ; 0,58–0,97), mais pas pour l’ajout d’un agent expérimental (3 essais randomisés : HR 0,95 ; 0,75–1,20). Estimation globale exploratoire : HR 0,84 (0,73–0,96) ; différence de survie sans maladie à 36 mois de 2,2 points (IC 95 % −0,3 à 4,6).
Limite principale : L’omission de chimiothérapie n’a été étudiée que dans des données non randomisées ; données reconstruites à partir de courbes publiées.
En pratique : Ces données ne soutiendraient pas, à ce stade, une désescalade ou une omission du traitement adjuvant fondée sur le seul ctDNA négatif.
PAROI ABDOMINALE / COLORECTAL
4. Incidence of parastomal hernia after open versus minimally invasive surgery: a comparative systematic review.
Bellato et al. — Surg Endosc, 2026. PMID 42881314
Type d’étude : Revue systématique et méta-analyse — 6 études (1 essai randomisé, 5 observationnelles), 1 480 patients avec stomie définitive (731 chirurgie ouverte, 749 cœlioscopique), suivi supérieur à 12 mois
Question : L’incidence de la hernie parastomiale diffère-t-elle après résection intestinale avec stomie définitive par voie ouverte ou mini-invasive ?
Résultat principal : Hernie parastomiale cliniquement évaluée plus fréquente après voie cœlioscopique ou robotique : RR 1,89 (IC 95 % 1,39–2,58) ; sur le scanner, RR 1,70 (IC 95 % 0,89–3,28). Aucune étude ne rapportait le prolapsus sous-cutané et une seule le prolapsus externe.
Limite principale : Certitude des preuves très faible, cinq études sur six étant observationnelles.
En pratique : Ces données pourraient inciter à surveiller de près la paroi parastomiale après abord mini-invasif, sans remettre en cause à elles seules le choix de la voie.
PAROI ABDOMINALE / MALADIE DE CROHN
5. International expert consensus on managing elective hernia repair in patients with Crohn’s disease using the Delphi method.
Lovén et al. — BJS Open, 2026. PMID 42888871
Type d’étude : Consensus d’experts par méthode Delphi à trois tours — 21 experts de la paroi abdominale (Europe et États-Unis)
Question : Comment conduire la réparation élective des hernies inguinales, incisionnelles et parastomiales chez les patients atteints de maladie de Crohn ?
Résultat principal : Consensus (au moins 75 % d’accord) ou quasi-consensus (au moins 70 %) sur 42 des 72 items. Les experts suggèrent d’éviter la réparation élective en cas de maladie active, de recourir à un filet synthétique non résorbable en maladie quiescente, avec une position standard pour l’inguinale et rétromusculaire ou prépéritonéale pour l’incisionnelle et la parastomiale. Pas de consensus pour éviter la réparation élective en cas de maladie fistulisante périanale isolée active.
Limite principale : Avis d’experts sans comparaison de résultats cliniques ; la part d’items atteignant un (quasi-)consensus a baissé de 60 % au premier tour à 45 % au troisième.
En pratique : Ce consensus pourrait servir de cadre de discussion multidisciplinaire en l’absence de recommandations établies.
ŒSOGASTRIQUE
6. Uniportal versus Multiportal Video-Assisted Thoracoscopic Surgery for Minimally Invasive Esophagectomy in Esophageal Cancer: A GRADE-Assessed Systematic Review and Meta-Analysis.
Amin et al. — J Gastrointest Cancer, 2026. PMID 42878946
Type d’étude : Revue systématique et méta-analyse (évaluation GRADE) — 9 études comparatives, effectif global non précisé dans le résumé
Question : La thoracoscopie uniportale offre-t-elle de meilleurs résultats périopératoires que la voie multiportale lors d’une œsophagectomie mini-invasive pour cancer ?
Résultat principal : Pneumopathie postopératoire moins fréquente avec la voie uniportale (OR 0,41 ; IC 95 % 0,22–0,76), douleur à J1 moindre (différence moyenne −2,10 ; −3,63 à −0,57) et séjour plus court (−2,13 jours ; −3,64 à −0,63), avec une hétérogénéité très élevée (I² 97 à 99 %) pour ces deux derniers critères. Pas de différence pour la fistule anastomotique (OR 1,13 ; 0,61–2,09), les complications globales ni la mortalité périopératoire.
Limite principale : Hétérogénéité majeure, études surtout observationnelles et absence de données oncologiques à long terme.
En pratique : Ces résultats suggèrent que la voie uniportale pourrait être comparable en sécurité, sous réserve d’essais multicentriques randomisés.
PROCTOLOGIE
7. Efficacy and Safety of Stapled Transanal Rectal Resection (STARR) for Obstructed Defecation Syndrome: A Systematic Review and Meta-Analysis of Comparative Studies.
Abbas et al. — J Clin Med, 2026. PMID 42881809
Type d’étude : Revue systématique et méta-analyse — 12 études comparatives (4 essais randomisés, 8 observationnelles), 995 patients
Question : La résection rectale transanale à l’agrafeuse (STARR) est-elle plus efficace et aussi sûre que les autres traitements du syndrome de défécation obstruée ?
Résultat principal : Amélioration du score de constipation non différente de celle des comparateurs (différence moyenne standardisée 0,26 ; IC 95 % −0,17 à 0,70 ; I² 89,2 %). Durée opératoire plus courte de 21,23 minutes et séjour plus court de 1,15 jour. Saignement (OR 1,73) et urgenturie ou incontinence (OR 2,91) numériquement plus fréquents, non significatifs ; perte apparente d’efficacité après 2010 en analyse cumulative.
Limite principale : Hétérogénéité très élevée du critère principal et mélange d’essais et d’études observationnelles.
En pratique : Ces données suggèrent que la STARR n’est pas supérieure aux alternatives et que la sélection des patients pourrait être déterminante.
