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Veille bibliographique –Semaine du 30 septembre au 11 octobre 2026

À retenir

–    Dans un essai randomisé de phase II, la radiothérapie stéréotaxique n’a pas montré de différence de contrôle local à 1 an avec la thermoablation par micro-ondes pour des métastases hépatiques colorectales, avec une toxicité moindre (article 1).
–    Une méta-analyse associe la TME robot-assistée à un rétablissement de continuité plus fréquent qu’en cœlioscopie (OR 1,43), à partir de données agrégées d’études au schéma non précisé (article 2).
–    Des méta-analyses d’essais randomisés suggèrent un bénéfice de l’irrigation antibiotique après appendicectomie ouverte (RR 0,48, certitude faible) et un avantage précoce du LigaSure en hémorroïdectomie (articles 3 et 4).

Sélection de la semaine

MÉTASTASES HÉPATIQUES

1. Microwave ablation versus stereotactic body radiotherapy for oligometastatic colorectal liver metastases (LAVA-CRLM): a prospective, randomised, phase II trial.

Risumlund et al. — Lancet Reg Health Eur, 2026. PMID 42829779

Type d’étude : Essai randomisé de phase II, 2 centres — 100 patients randomisés, 92 analysés

Question : La radiothérapie stéréotaxique (SBRT) assure-t-elle un contrôle local comparable à la thermoablation par micro-ondes (MWA) pour 1 à 3 métastases hépatiques colorectales de 4 cm ou moins ?

Résultat principal : Liberté de progression locale à 1 an : 77,7 % (IC 95 % 66,5–90,9) avec la MWA contre 83,0 % (72,3–95,4) avec la SBRT (HR 0,87 ; IC 95 % 0,43–1,74 ; p = 0,70). Toxicité de grade 2 ou plus : 25 % contre 3 % ; grade 3 ou plus uniquement après MWA (8 %), dont un décès lié au traitement.

Limite principale : Phase II à effectif limité : l’absence de différence détectée ne démontre pas l’équivalence.

En pratique : Ces données suggèrent que la SBRT pourrait être discutée comme alternative non invasive chez des patients sélectionnés, dans l’attente d’un essai de phase III.

COLORECTAL

2. Restorative resection in robot-assisted versus laparoscopic total mesorectal excision: systematic review and meta-analysis.

Genders et al. — Br J Surg, 2026. PMID 42837183

Type d’étude : Revue systématique et méta-analyse (PRISMA, protocole enregistré) — 20 études, 7 133 patients ; schéma des études primaires non précisé dans le résumé

Question : L’exérèse totale du mésorectum robot-assistée (R-TME) est-elle associée à un rétablissement de continuité plus fréquent que la voie cœlioscopique (L-TME) ?

Résultat principal : Rétablissement de continuité plus probable avec la R-TME (OR 1,43 ; IC 95 % 1,04–1,98), de façon plus marquée dans les études postérieures à 2020 (OR 2,86 ; 1,80–4,53). Conversion moins fréquente (OR 0,37 ; 0,28–0,49). Pas de différence significative pour la fistule anastomotique, les complications, les réinterventions et les réhospitalisations.

Limite principale : Données agrégées d’études dont le schéma n’est pas précisé dans le résumé, exposées aux biais de sélection ; l’effet plus net après 2020 pourrait refléter l’expertise des équipes.

En pratique : Ces résultats pourraient plaider pour la voie robotique lorsqu’une anastomose est envisagée, sans démontrer de bénéfice sur la qualité de vie.

URGENCES DIGESTIVES

3. Antibiotic versus saline wound irrigation after appendectomy for prevention of incisional surgical site infection: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials.

Hajri et al. — J Hosp Infect, 2026. PMID 42833497

Type d’étude : Méta-analyse d’essais randomisés (PRISMA 2020, protocole enregistré) — 8 essais, 2 007 patients, appendicectomie par voie ouverte

Question : L’irrigation de la paroi par une solution antibiotique réduit-elle l’infection de site opératoire incisionnelle par rapport au sérum physiologique ?

Résultat principal : Infection incisionnelle chez 40/994 patients avec l’irrigation antibiotique contre 89/1 013 avec le sérum physiologique : RR 0,48 (IC 95 % 0,32–0,71 ; p = 0,0002), hétérogénéité faible (I² = 7,5 %). Certitude des preuves jugée faible.

Limite principale : Risque de biais et caractère indirect des essais ; bénéfice non significatif dans le petit sous-groupe à faible risque de biais et absence de schéma d’irrigation reproductible.

En pratique : Ces données pourraient justifier des essais de meilleure qualité avant toute généralisation de l’irrigation antibiotique après appendicectomie ouverte.

PROCTOLOGIE

4. LigaSure versus conventional excisional haemorrhoidectomy: A systematic review and meta-analysis with trial sequential analysis of randomised controlled trials.

Barone et al. — Colorectal Dis, 2026. PMID 42816945

Type d’étude : Méta-analyse d’essais randomisés avec analyse séquentielle — 43 essais, 3 277 participants

Question : L’hémorroïdectomie excisionnelle au LigaSure réduit-elle la morbidité précoce par rapport à la technique conventionnelle ?

Résultat principal : LigaSure associé à moins de douleur aux jours 1 et 2 et pendant les deux premières semaines, à moins d’antalgiques, de perte sanguine peropératoire, de suintement, de saignement postopératoire et de rétention urinaire aiguë, avec un temps opératoire et un retour aux activités plus courts. Pas de différence significative pour la récidive, la durée de séjour, l’incontinence ou la sténose anale. Chiffres non précisés dans le résumé.

Limite principale : Incertitude persistante pour plusieurs critères, et données limitées sur la récidive et les résultats anorectaux à long terme.

En pratique : Ces résultats suggèrent un avantage sur la période périopératoire précoce, sans démontrer d’effet sur les résultats à long terme.

BARIATRIQUE ET MÉTABOLIQUE

5. Diabetes remission 10 years after bariatric surgery: Extension study of a randomized controlled trial.

Hernández-Montoliu et al. — Clin Nutr, 2026. PMID 42822398

Type d’étude : Extension à 10 ans d’un essai randomisé (DIABETCIR) — 45 patients randomisés 1:1:1 (bypass gastrique, sleeve, plicature), 93 % suivis à 10 ans

Question : Quelle est la durabilité de la rémission du diabète de type 2 selon la technique bariatrique ?

Résultat principal : Rémission du diabète à 10 ans chez 8/15 patients (53,3 %) après bypass gastrique, 3/12 (25 %) après sleeve et 4/15 (26,7 %) après plicature ; les écarts de perte de poids et de contrôle glycémique en faveur du bypass à 1 et 5 ans s’atténuent à 10 ans. Rechutes fréquentes (41,7 à 50,1 %). Une durée plus courte du diabète, une perte de poids précoce et une forte réponse GLP-1 sont associées à la rémission.

Limite principale : Effectif très faible : comparaisons entre groupes sans puissance, avec intervalles de confiance non précisés dans le résumé.

En pratique : Ces données pourraient nourrir le choix de la technique chez le patient diabétique, sans preuve définitive en l’absence de cohortes plus larges.

PAROI ABDOMINALE

6. Surgeon task load, ergonomics, and clinical outcomes in laparoscopic versus robotic-assisted inguinal hernia repair: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.

Rümmele-Vogt et al. — J Robot Surg, 2026. PMID 42842114

Type d’étude : Revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés — 4 essais, 482 patients

Question : La réparation robotique de hernie inguinale apporte-t-elle un bénéfice de charge de travail, d’ergonomie ou de suites par rapport à la cœlioscopie ?

Résultat principal : Durée opératoire : différence moyenne de 17,14 min (IC 95 % −3,22 à 37,49), non significative. Charge de travail du chirurgien : −4,50 (IC 95 % −16,78 à 7,78), non significative. Complications comparables (OR 0,89 ; IC 95 % 0,42–1,90). Ergonomie meilleure avec le robot dans un essai, comparable dans l’autre.

Limite principale : Quatre essais seulement, expérience des chirurgiens très variable et mesures de charge de travail hétérogènes.

En pratique : Ces données suggèrent l’absence de bénéfice démontré du robot en chirurgie inguinale, ce qui pourrait inviter à ne pas le choisir sur ce seul argument.